# Gouvernail d'étambot et coque

> Tenir le cap, garder l'eau dehors

- Date: v. 1180
- Époque: Moyen Âge
- Domaine: [Bateaux & navigation](https://lastcodex.org/fr/domains/navigation/)
- Palier: III (Artisanat & cités)
- Difficulté: 4/5
- URL: https://lastcodex.org/fr/inventions/sternpost-rudder/

Le gouvernail d'étambot est une pale plate suspendue par des charnières à l'arrière du navire et manœuvrée à la barre : l'eau qui le longe pousse la poupe de côté et oriente le navire. Il va de pair avec une coque faite d'une quille, de membrures et de bordages, étanche à chaque joint, qui garde la mer dehors et résiste à la poussée latérale du vent.

![Gouvernail d'étambot et coque · Tenir le cap, garder l'eau dehors](https://lastcodex.org/_astro/plate.BN9MOywZ_cp3FH.webp)

## Légende

1. Mèche du gouvernail
2. Safran
3. Aiguillot et fémelot
4. Barre
5. Quille
6. Membrure
7. Bordé à clin

## Ce que c'est

Le gouvernail est une pale de bois plate placée à l'arrière du navire. Ici, il est suspendu à l'étambot, la pièce verticale qui ferme la coque à la poupe, et pivote sur des ferrures en fer, les aiguillots et les fémelots. Une pièce de bois fixée dans sa tête, la barre, donne un bras de levier au timonier.

Le navire dessiné est une cogue, le bateau de charge de la mer du Nord et de la Baltique du XIIe au XVe siècle. Sa coque est montée sur une quille, avec des membrures à l'intérieur, des bordages à l'extérieur, et chaque joint calfaté. La planche la simplifie : beaucoup de cogues avaient un fond plat à bordages jointifs, le clin étant réservé aux flancs.

## Comment ça marche

![La charnière en fer d'un gouvernail d'étambot : un fémelot cerclant l'étambot et un aiguillot sur le gouvernail, soulevé au-dessus de son œil](https://lastcodex.org/_astro/v2.OOlRcPQ-_Z28kYgQ.webp)
*Le pivot de l'aiguillot descend dans l'œil du fémelot, et le gouvernail tourne comme une porte sur ses gonds.*

Un gouvernail ne gouverne que si l'eau coule le long de lui. Tourné d'un côté, le safran (2) prend le courant en biais et le dévie. L'eau le repousse : la poupe part de côté et la proue pivote dans l'autre sens. Pour tourner à droite, le timonier pousse la barre (4) vers la gauche. Braqué trop fort, le safran ne dévie plus l'eau proprement et freine plus qu'il ne dirige.

Des pentures cerclent la mèche (1), le bord avant épais du gouvernail, et se terminent par des pivots de fer tournés vers le bas : les aiguillots. Des pentures clouées sur l'étambot se terminent par des anneaux : les fémelots. Les pivots entrent dans les anneaux (3), tous sur la même verticale. Plus tard, sur les grands navires, on a placé une partie de la pale en avant de l'axe : l'eau qui appuie sur cette partie compense une part de la poussée arrière, et ce gouvernail compensé se manœuvre avec moins d'effort.

![Deux morceaux de coque côte à côte : des bordages à clin qui se chevauchent, rivetés, et des bordages à franc-bord posés bord à bord, aux joints calfatés](https://lastcodex.org/_astro/v3.DJkPMps5_Z18K0LU.webp)
*Les bordages à clin se recouvrent et sont rivetés dans le recouvrement ; ceux à franc-bord se touchent par la tranche et ne tiennent l'eau que par leur calfatage.*

La coque part de la quille (5), une longue pièce au fond du navire, prolongée par l'étrave à l'avant et l'étambot à l'arrière. Les membrures (6) en sont les côtes, les bordages la peau. Dans le bordé à clin (7), chaque bordage recouvre celui du dessous et lui est riveté à travers le recouvrement ; on monte d'abord la coque de planches, puis on ajuste les membrures à l'intérieur. Dans le bordé à franc-bord, on dresse le plus souvent d'abord les membrures et l'on pose les bordages bord à bord sur elles.

Chaque joint est calfaté. Les Vikings employaient de la laine goudronnée ; plus tard, les calfats ont enfoncé dans les coutures de l'étoupe, des fibres tirées de vieux cordages goudronnés, au fer et au maillet, avant de la recouvrir de brai chaud.

Quand le vent vient de côté, la voile pousse le navire vers l'avant, mais aussi de travers. La quille et les flancs plats de la coque résistent, parce qu'il leur faudrait chasser beaucoup d'eau pour se déplacer. Le navire glisse tout de même un peu sous le vent : c'est la dérive.

## Comment le construire

Une maquette à membrures et bordages suit le même ordre de travail, en petit. Les étapes ci-dessous concernent un petit canot à fond plat dont le gouvernail est suspendu au tableau arrière, la planche plate qui ferme la poupe. Partir d'un plan publié par un architecte reconnu, qui indique le nombre de personnes et la charge admis, et ne pas l'agrandir.

**Monter les membrures.** Découper le tableau et les membrures d'après les gabarits du plan, puis les fixer à l'envers sur un chantier de montage de niveau, aux emplacements indiqués.

**Border la coque.** Cintrer les bordages des flancs autour des membrures en partant de l'étrave et les fixer avec les clous ou vis en bronze ou galvanisés que demande le plan ; l'acier nu rouille. Poser les planches du fond en travers et raboter les chants.

**Étancher les joints.** Pour un fond en planches, enfoncer doucement du coton ou de l'étoupe dans les coutures au fer à calfat, puis recouvrir d'un mastic de calfatage. Frapper trop fort fend le bord des planches. Un canot en contreplaqué s'étanche avec la colle et les revêtements indiqués sur le plan.

**Suspendre le gouvernail.** Fixer deux fémelots sur le tableau et deux aiguillots sur le gouvernail, sur une même verticale, pour que la pale pivote librement. Ajouter un arrêt qui l'empêche de se soulever hors de ses pivots, et une barre assez longue pour atteindre le banc du barreur.

**L'essayer à flot.** Mettre le canot vide à l'eau, amarré, dans une eau calme et peu profonde, une écope à portée de main. Des bordages neufs peuvent suinter tant qu'ils n'ont pas gonflé ; si les fuites ne diminuent pas en un jour ou deux, ou s'aggravent, sortir le canot et reprendre le calfatage. Le charger ensuite de poids jusqu'à la limite du plan et vérifier de nouveau avant que quiconque monte à bord. Essayer la barre à petite vitesse, avec une personne expérimentée à bord.

> **Sécurité.** Porter un gilet de sauvetage sur l'eau et au bord de l'eau, et ne jamais essayer un bateau seul : quelqu'un doit surveiller depuis la rive. L'eau froide peut couper le souffle d'un bon nageur dans les premières minutes : vérifier la température de l'eau autant que la météo, rester près du bord en eau peu profonde et remettre l'essai si l'eau est froide. Ne jamais dépasser la charge du plan. Serrer la pièce avant de scier ou de raboter, garder les mains derrière le tranchant et porter lunettes et protections auditives avec les machines. Ne jamais faire chauffer du brai ou du goudron à l'intérieur ni sur une flamme nue : il s'enflamme et brûle profondément. Retourner et porter la coque au moins à deux.

## Histoire et évolution

On a d'abord dirigé les navires avec de grands avirons placés à la poupe ou sur les flancs. Les navires vikings portaient un seul gouvernail latéral, sur le côté droit, le « bord du gouvernail » d'où viennent l'anglais *starboard* et le français tribord. Les essais sur répliques du musée des Navires vikings de Roskilde montrent qu'il gouvernait presque aussi bien qu'un gouvernail d'étambot.

![L'arrière d'un navire viking à clin, avec son gouvernail latéral attaché à un bloc sur le côté droit](https://lastcodex.org/_astro/v1.CsRRgfeb_vN7kl.webp)
*Le gouvernail latéral pivotait contre un bloc de bois fixé à la coque, retenu par un lien de branches tordues.*

Une maquette de bateau en terre cuite trouvée dans une tombe Han de Canton, du Ier siècle de notre ère, porte un gouvernail dans l'axe de la poupe, le plus ancien connu. En 985, le géographe al-Muqaddasi décrit des timoniers arabes qui gouvernent avec deux cordages, où la plupart des historiens voient les drosses d'un gouvernail arrière. On discute encore pour savoir si l'idée a voyagé vers l'ouest ou si l'Europe l'a retrouvée seule.

À Brême, une épave dont un bordage est daté d'environ 1100 porte un fémelot en fer destiné à un gouvernail arrière. Les fonts baptismaux sculptés de Zedelgem, vers 1150-1160, et de Winchester, vers 1180, montrent des navires au gouvernail d'étambot ; ce catalogue retient environ 1180. Les cogues en sont équipées à partir des années 1240. L'historien Lawrence Mott estime que les gouvernails latéraux du Nord ne pouvaient pas suivre la croissance de navires plus grands et plus hauts ; ceux de Méditerranée ont duré jusqu'aux XIVe et XVe siècles.

Sur les grands navires, la barre se trouvait sous les ponts et on la manœuvrait avec une manuelle, un long levier vertical passant par le pont supérieur. La roue, qui tire la barre par des cordages enroulés sur un tambour, apparaît vers 1700. Les coques en fer se répandent au XIXe siècle ; le SS Great Britain, lancé à Bristol en 1843, réunit une coque en fer et une hélice.

## Chiffres clés

- Plus ancien gouvernail axial connu: Maquette de bateau en terre cuite des Han, Canton, Ier siècle
- Premières images en Europe: Fonts baptismaux de Zedelgem (vers 1150-1160) et de Winchester (vers 1180)
- Sur les cogues: À partir des années 1240
- Roue de gouvernail: Début du XVIIIe siècle

## Nécessite

- [Voile](https://lastcodex.org/fr/inventions/sail/): Prendre le vent pour avancer (v. 5 000 av. J.-C.)
- [Corde & cordage](https://lastcodex.org/fr/inventions/rope/): Des fibres torsadées qui tiennent tout (il y a 46 000 ans)
- [Métallurgie du fer](https://lastcodex.org/fr/inventions/iron-smelting/): Usage élargi vers 1200 av. J.-C. ; minerai, charbon et bas fourneau (v. 1 200 av. J.-C.)
- [Charpente et assemblages](https://lastcodex.org/fr/inventions/timber-framing/): Des poutres tenues par tenons et chevilles (v. 5 255 av. J.-C.)

## Sources

- [The Development of the Rudder, 100–1600 A.D.: A Technological Tale (L. V. Mott, MA thesis, Texas A&M University, 1991)](https://www.medievalists.net/2010/06/the-development-of-the-rudder-100-1600-a-d-a-technological-tale/), Medievalists.net
- [Schlachte (Bremen) wreck, about 1100](https://mass.cultureelerfgoed.nl/schlachte-1100), MASS, Rijksdienst voor het Cultureel Erfgoed
- [Font, Winchester Cathedral: Miracles of Saint Nicholas, c. 1180](https://ima.princeton.edu/digital-image-collections/view/29477), Index of Medieval Art, Princeton University
- [De romaanse doopvont (Zedelgem font, about 1150–1160)](https://www.zedelgem.be/de-romaanse-doopvont), Gemeente Zedelgem
- [Cog: milestones in the history of European shipbuilding](https://www.dhm.de/mediathek/en/ship-types/milestones-in-the-history-of-european-shipbuilding/04-cog/), Deutsches Historisches Museum
- [Pottery Model of Boat (replica), Guangzhou Museum](https://www.info.gov.hk/gia/general/200509/29/P200509290151_photo_259576.htm), Government of the Hong Kong SAR
- [The steering element (Gislinge boat)](https://www.vikingeskibsmuseet.dk/en/professions/boatyard/building-projects/gislingeboat-2016/the-hull/rudder-and-tackle), The Viking Ship Museum, Roskilde
- [The Viking boats](https://www.ribevikingecenter.dk/en/explore/viking-boats), Ribe VikingeCenter
- [The tools and techniques of traditional ship caulking](https://blog.engineshed.scot/2026/07/02/traditional-ship-caulking/), Historic Environment Scotland, The Engine Shed
- [Rudder](https://www.wartsila.com/encyclopedia/term/rudder), Wärtsilä Encyclopedia of Marine and Energy Technology
- [Ship steering: the whipstaff](https://faq.vasamuseet.se/category/45/article/24517?lang=en), Vasamuseet
- [SS Great Britain (ASME landmark)](https://ethw.org/ASME-Landmark:SS_Great_Britain), Engineering and Technology History Wiki
- [Rudder](https://en.wikipedia.org/wiki/Rudder), Wikipedia
- [Warship (1703); Fourth rate; 50 guns (model with wheel and whipstaff)](https://www.rmg.co.uk/collections/objects/rmgc-object-66179), Royal Museums Greenwich
- [Helm orders](https://navyhistory.au/helm-orders/), Naval Historical Society of Australia
- [Al-Muqaddasi's tenth-century maritime landscape of the Arabian Red Sea (D. A. Agius)](https://ore.exeter.ac.uk/repository/handle/10871/121772), University of Exeter

Faits vérifiés le 2026-10-15.

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